La Madone de Laroque
Le 18/04/2008
C’est pour lundi prochain. Lundi nous saurons si les empreintes analysées sur le tableau son celles de Léonard ou pas. Un indice déjà il semble que nous soyons face à des empreintes de paumes et non de doigts.
Le 13/02/2008
Je ne vais pas brûler ce que j’ai aimé et aime toujours, mais les raccourcis empruntés par la presse, la radio et la télévision pour faire de ce tableau un œuvre du Vinci, sans preuve, m’obligent. Ils m’obligent à formuler une mise en garde, aux quelques millions de médianautes conviés de croire qu’une analyse des empreintes sur un tableau fortement endommagé suffisent, si elles se révèlent positives, à une attribution au peintre de la Joconde. C’est allé un peu vite, trop vite ; pour plusieurs raisons.
La première est, qu’aucun spécialiste reconnu n’a attribué à ce jour le tableau à Léonard, aucun. Ils ne sont pas nombreux sur la planète. Quatre. Carlo Pedretti, dont on connaît le jugement officiel filmé lors d’un reportage réalisé en 2003. Opinion légèrement nuancée quand ayant le tableau entre les mains à l’hôtel Lutétia à Paris, il susurra le nom magique, sans plus. Nous restons donc avec Giampetrino, élève du Vinci à Milan pour le maître es Vinci. Pietro C Marani à Milan n’a pas voulu le voir ni en entendre parler, une attitude partagée par Martin Kemp à Londres. Quand François Leclerc l’un des inventeurs du tableau pris contact avec moi nous en étions là, c’est à dire au point mort, en 2006.
C’est sans crainte que je lui proposais de transmettre son dossier à Alessandro Vezzosi, le quatrième expert, lors de mon prochain déplacement dans la ville natale du maître. Pourquoi ? Tout simplement pour tenter de continuer ce que Daniel Arasse avait initié ; il croyait au tableau, moi aussi. Lors d’un dîner à Bacchereto sur les terres du maître, nous abordâmes le sujet. Sa première réflexion aux vues des photos, fut de se prononcer pour un autre élève du Vinci : Marco d’Ogiono. Le directeur du Museo Ideale et ami intime de Pedretti, est un « mystique », il voue sa vie à cet homme du 15ème siècle, fils d’une esclave moyen-orientale et d’un notaire vincien, homosexuel, agnostique , scientifique, gaucher, végétarien sur le tard, homme de guerre s’il n’est gens d’armes, incarnant le génie universel occidental. C’est Alessandro et Luigi Capasso qui eurent l’idée de reconstituer les empreintes du sculpteur de l’Ange de San Gennaro. Celles-ci sont disséminées sur quelques tableaux, documents, codex et autres esquisses, et …sur le visage de notre Madone allaitante. Erreur quant à cette dernière, els yeux du spécialiste ont faillis. En fait les experts Italiens, de la police de Rome et de l’université de Chieti, confirment qu’il existe bien des empreintes sur le tableau trouvé à Laroque mais en d’autres endroits, à peine discernables de la trame de la toile. Il faut avant de les comparer avec la base d’empreintes existantes écrire un programme pour les isoler, car tout est traité numériquement. Beaucoup de travail en perspective donc. Entre temps l’opinion de notre attributeur vincien avait évolué. Pour lui le tableau est bien issu d’un atelier de Léonard, les études du CNRS confirment une datation plausible, mais faute de preuve, et les empreintes n’en sont pas une, il propose pour auteur : le maître de la Madone de Laroque.
En résumé, le tableau date bien de la fin du 15ème ou début du 16ème, la datation au carbone 14 après les explosions atomiques en atmosphère est quelque peu perturbée pour être précise à l’année près, les experts accorde à cette œuvre une touche léonardesque, que les empreintes ne confirmeront ni n’infirmeront.
Car il existe des empreintes du maître sur d’autres toiles peintes par ses élèves. Le Museo Ideale nous en propose deux, réalisées par nos épigones cités plus haut. Mais nous restons dans un univers léonardesque, terme inventé par le Vinci lui-même, et non léonardien. Qu’il ait posé ses yeux sur cette composition est pratiquement certain, qu’il soit l’une des mains qui y participa reste à démontrer, malgré les superbes entrelacs de la couronne de la Vierge. Pour basculer dans l’univers du maître es anatomie, il faut pouvoir reconstruire l’historicité du tableau. C’est à dire découvrir un contrat, une étude, celle de Windsor (12246 r) est approchante seulement, un testament, un catalogue quasiment contemporain de sa réalisation, mentionnant de près ce tableau. Nous en sommes loin.
Evidemment rien n’empêche un historien de se prononcer en faveur d’une autographie léonardienne. C’est par exemple le cas de Maike Vogt-Lüerssen. Spécialiste de l’héraldisme et de la symbolique, elle voit dans ces portraits de Notre-Dame de l’Enfant et du Baptiste, ceux d’Isabelle d’Aragon et de ses progénitures. C’est un leitmotiv. Pour elle la Joconde est aussi un portrait de la veuve de Jean-Galéas Sforza l’héritier légitime du duché de Milan évincé (empoisonné ?) par son oncle Ludovic le More, le mécène Milanais de Léonardo. Cette thèse contredit le témoignage du Cardinal d’Aragon, l’oncle d’Isabelle, rendant visite en 1517 au vieux peintre dans son manoir du Clos Lucé. Difficile de la suivre sur cette voie. Off record Maurizio Seracini, ce scientifique italien qui depuis des années tente de percer les murs du Palazzo Vecchio pour retrouver la Bataille d’Anghiari, dit qu’il ne s’opposera pas à l’intégration de cette tempéra au catalogue vincien. Oui mais qui prendra un tel risque, pas lui visiblement ? Il faut pour l’oser, posséder légitimité et une forte notoriété, sciences et connaissances.
Alors que faire dans 2 ou 3 semaines quand les médias laisseront tomber le tableau, si nos amis italiens s’avouent incapables d’exploiter le moindre dermoglyphe ?
Dire comme la doxa : « on vous l’avait bien dit, c’était pas possible » ou bien continuer sur les sentiers léonardesques, en abandonnant la voie royale ? Je choisis la seconde option, car l’univers du Vinci ne se borne pas à la Joconde, François 1er et l’homosexualité. Le bougre est bien plus complexe. Ses élèves partagèrent son savoir, son intimité, ses forces et ses faiblesses bien plus qu’un More ou un François, un modèle florentin. Ouvrons grand nos yeux pour tenter d’aller au delà des cimaises de la salle des Etats.
Le 14/12/07
Debriefing : Je sais que les inventeurs de la Madone ne sont pas d’accord avec moi. Mais après avoir observé et tenté de déterminer sur les clichés de P Cotte où était le fuseau de Marie, sans résultat, j’en suis venu à la conclusion que « notre » madone était allaitante, c’est une évidence perdue de vue, et non au fuseau. Il est donc plus « facile » de la rapprocher ainsi d’un dessin préparatoire de Windsor attribué au Vinci (mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit ;-)).
Je sais que l’on aime à charger en symboles les œuvres du maître et de son atelier, inutile d’en rajouter d’autant que les photos nous ont confirmé : 1) La présence d’un oiseau sur un branchage. 2) L’existence d’un fil d’or passant par le chas d’une aiguille, dont il reste à déterminer l’origine, la course et le symbolisme.3) La figuration d’un plan intermédiaire, difficile à lire, entre l’arcade végétale et les montagnes terminant la composition.
Beaucoup de travail en perspective, si je puis m’exprimer ainsi ;-)
Le 13/12/07
La Madone a quittée Paris et les laboratoires de Lumière technology , après une prise de vue multispectrale. Une nouvelle pièce pour un puzzle qui lentement s’assemble.
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Le 5/12/2007
Combien vaut la Madone, si son attribution au Vinci est un jour confirmée ? 140 M$ (estimation qui circule dans les journaux anglo-saxon). Soit un petit peu plus que Le Portrait d'Adèle Bloch-Bauer acquis par Ronald Lauder, pour 135 millions de dollars, le prix le plus élevé jamais payé pour une peinture. Ouhaa !!!
Le 3/12/2007
Cà y est, les reportages diffusés (voir le site de TF1 ou
France 3), nous sommes entrés dans la
phase d’études, et les 2 mois à venir vont être intéressants. De l’avis général
le tableau n’est pas de Giampétrino. Exit donc l’hypothèse Pedretti. Tableau d’atelier
donc, à plusieurs mains, pouces ou
index J
(plusieurs empreintes sont à analyser, reconstituer), pratique courante à cette
époque.
Il reste maintenant à séduire la communauté des experts pour :
- Déterminer quels sont les différentes mains qui participèrent à l’élaboration de « notre » Madone
- Tenter de retrouver des documents d’archives pour une historicité qui donnera plus d’épaisseur à cette œuvre (rêvons d’un commanditaire français, quand sur « nos terres » Léonard travaillait pour nos forces d’occupation (toutes mes excuses aux italiens pour ce déplorable état d’espritJ)
- Inviter les experts du monde à s’exprimer sur ce tableau, et redonner aux Madones du maître une place plus honorable aux côtés de la Joconde, car la peinture religieuse du Vinci est à mon sens par trop négligée.
- Inviter les experts à se prononcer sur une restauration
- Explorer les nouvelles perspectives offertes par cette découverte (un vrai travail sur les ateliers léonardiens, les techniques (le tableau est peint à tempera sur une toile de lin))
- Préparer une exposition à Chambord, par exemple, pour le présenter au public, seul ou avec une autre Madone.
Encore bcp de travail en perspective, tant mieux.
Le 1/12/2007
Cher(s) lecteur(s) (le s est en option, comme le féminin d’ailleurs ce n’est pas cool, je suis d’accord), toutes mes excuses. Je n’avais pas tout compris lors de mon entretien téléphonique avec F.Leclerc, l’un des inventeurs. Le sujet est prêt pour TF1, mais M.Olivari n’est évidemment pas responsable de sa diffusion, donc attendons, attendons les premiers résultats ce soir à 17heures, car hier rien ou presque n’a été révélé. Et ce soir que va dire la police (italienne il s’entend) ? Eh bien que des choses intéressantes sont visibles mais que le support, une toile de lin sur un panneau de bois, brouille les données. Il faut donc poursuivre les investigations et faire appel à la puissance de l’informatique pour démêler la trame de l’empreinte ou des empreintes. Horatio est un peu short sur ce dossier J
Le 30/11/2007
Chieti : Le tableau est entre les mains des experts italiens. Conférence de presse ce jour à 15 heures. Une vraie vedette, sujet sur TF1 ce soir à 20 heures normalement.
Le 28/11/2007
Jour J pour la Madone de Laroque. Résultats ce soir ou demain. Pour en savoir plus, un coup d’œil sur le Midi Libre, ils suivent les inventeurs depuis le début, ils sont sur place et nul doute que dès …que la police italienne livrera son verdict, ils nous teindrons informer. Vous pouvez aussi regardez les JT de TF1 et M6 ils sont sur place aussi. En attendant sachez que les italiens sont plutôt cools sur cette affaire. Ni Alessandro Vezzosi, ni Luigi Capasso et son université n’ont demandé le moindre sous pour cette entreprise. Plus fort encore, le séjour des propriétaires du tableau est pris en charge. Quand on aime Vinci, on ne compte pas ;-). Merci à eux.
Le 12/11/2007
Un communiqué de l’AFP et tous les médias sont en émoi, même TF1. Tant mieux. Un bémol toutefois, je ne suis pas sûr qu’ils partagent mon engouement pour cette œuvre. Si jamais elle n’est pas de la main du maître elle retombera dans l’oubli. Pourtant, dans un cas comme dans l’autre ce tableau peut nous apprendre beaucoup de choses sur le Vinci. Quand tout ce bruit sera retombé continuons à lui prêter notre oreille.
Le 9/11/2007 :
Plus fort que les experts Miami, Manhattan et Las Vegas réunis J! La Madone va être remise entre les mains des carabinieri pour recherches et analyses d’empreintes vinciennes. Une brigade spéciale, elle opère aussi sur les scènes de crimes, pour l’œuvre d’atelier du Vinci, les inventeurs n’en demandaient pas tant. Dorénavant la Madone joue dans la cour des grands : autorisation de sortie du territoire, communiqué de l’AFP, sécurité renforcée sur le campus de Chieti où le professeur Capasso va officier. Et si les résultats sont probants, lors d’un colloque qui se tiendra au musée Bigallo de Florence les experts italiens (restaurateurs, historiens d’art) sont invités à se prononcer. Et les français là dedans ? Mis à part la Joconde, la France se fout du Vinci, voilà ma conclusion.
Le 13/03/2007
La Madone de Laroque est un tableau de Léonard De Vinci !
Telle est en l’occurrence
l’opinion de Maike Vogt-Lüerssen après avoir examiné cette œuvre découverte il
y 9 ans en France dans un petit village des Cévennes.
L’historienne spécialiste de la
Renaissance et de l’héraldisme, est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont
des biographies sur les Visconti et les Sforza, au rang desquels s’illustra
Ludovic le More, le commanditaire de la Cène du couvent de Santa Maria
delle Grazie exécutée par le Vinci. Daniel Arasse, le premier, Carlo Pedretti
et Alessandro Vezzosi, spécialistes du maître toscan, s’étaient penchés eux
aussi sur ce panneau de peuplier représentant une Vierge allaitant l’Enfant et
Saint-Jean, en évoquant une main vincienne mais ne s’étaient pas posé la
question du modèle. Pour sa part Maike Vogt-Lüerssen affirme qu’il s’agit
d’Isabelle d’Aragon (1470 /1524) fille du roi de Naples Alphonse II et de
deux de ses enfants. Elle nous rappelle, après Serge Bramly dans sa célèbre
biographie du Vinci, que l’épouse et très vite veuve de Giangaleazzo
Sforza, devint une intime du peintre de la Joconde au sein de la Corta Vecchia,
l’ancien palais ducal où logeaient ces deux illustres personnages.
L’historienne allemande, vivant en Australie, situe l’exécution du tableau aux
alentours de 1502-1503, ce que confirment les analyses scientifiques
effectuées par le docteur Dominique Fromageot sur les pigments, du
CNEP/CNRS dirigé par le professeur Jacques Lemaire.
C’est la première fois, qu’un
spécialiste se prononce ouvertement sur l’autographie de cette Madone au
fuseau. Dans un échange de correspondance avec les inventeurs du tableau,
Vogt-Lüerssen leur demande de bien vouloir le faire connaître au monde.
Cette requête risque maintenant de
s’avérer difficile.
Décembre 2006
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La Madone de Laroque |
Il nous faut malheureusement admettre aujourd’hui que tout l’œuvre peint de Léonard est sublime, inachevé et lacunaire. Aussi quand le hasard met sur notre chemin un tableau au « phrasé » léonardien ou léonardesque, pourquoi ne pas écouter ce qu’il a à nous dire ?
Ce que l’on voit : La Madone de Laroque, du nom du village cévenole où elle fut découverte, a bien voulu réapparaître sur nos terres après 5 siècles d’errance et de cachette. Le maître de la Madone, appelons le comme çà pour l’instant sur proposition d’Alessandro Vezzosi, a peint la Vierge assise tête penchée sur l’Enfant, qu’elle allaite, couché sur ses genoux jambes croisés, tandis que saint Jean se tient debout à leurs côtés. La main droite de Marie soutient le Christ, la gauche est posée sur les épaules du précurseur. Ce dernier tient dans sa senestre une aiguille dont le chas est pénétré par un fil d’or, prolongement de la chevelure de la fille d’Anne. Sa dextre tient son emblème reposant sur ses épaules : une croix de roseau dont la l’axe horizontal est asymétrique et légèrement incliné, formant une sorte de L italique. En effectuant un rapprochement avec les attributs cités plus haut nous pouvons être en présence d’un fuseau.
Si l’Enfant est nu, la Vierge est habillée d’un corsage
« transparent », d’une robe rouge peut être, et d’un manteau bleu à
la doublure jaune. Jean pour sa part est revêtu d’une simple tunique de bure
gris-bleu.
Derrière eux, à gauche les ruines d’un abri, à droite une « fenêtre » arborée laisse apercevoir un lac de montagne baigné d’une lumière crépusculaire. A ce stade l’œuvre évoque une combinaison de plusieurs compositions léonardiennes et léonardesques : La Vierge aux rochers, les Vierges au fuseau et la Madone Litta (désattribuée au maître), l’esquisse d’une Vierge allaitante conservée à Windsor (Royal Library 12776).
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Infra_Rouge |
Œuvre léonardienne ou léonardesque ? Comment les spécialistes, au nombre de 4 ou 5, pas plus, de par le monde, vont-ils s’y prendre pour déterminer l’autographie de cette peinture ?
Leur responsabilité est énorme, leur réputation est en jeu et la science dans ce cas n’est qu’une béquille. En premier lieu ils vont s’appuyer sur les analyses de datation. Celles-ci effectuées au CNRS/CNPE de Clermont-Ferrand fournissent une fourchette d’une vingtaine d’années à cheval sur la fin du quattrocento et les débuts du cinquecento. L’imprécision est presque normale, nos bombes nucléaires ne sont pas étrangères au phénomène. Sauf erreur, les analyses des pigments renforcent la datation. Editech, un laboratoire italien avait trouvé du jaune de Naples, pigment incompatible avec une œuvre du 16ème siècle. La contre-expertise a infirmé l’analyse. En retournant sur ses terres, un œil expert pense avoir découvert une empreinte digitale. Nous en connaissons une du Vinci. L’université de Chieti dans les Abruzzes est à même de les comparer, elle nous fournirait une seconde béquilleJ. La photographie, infrarouge et ultraviolette notamment, fait depuis longtemps partie de la panoplie de l’expert. Elle permet de discerner l’indiscernable, de révéler le caché, nous allons en parler plus loin.
L’œil et la connaissance : Quand il prend pour
la première fois le tableau entre ses mains, l’expert constate que celui-ci a
subi les dommages du temps, et que l’homme n’a pas toujours été précautionneux
à son égard. Le panneau de peuplier en une seule planche de 0,48 x
Pour continuer dans ce registre, la nimbe de la Vierge, une
couronne-diadème faite d’entrelacs très raffinés, relève de ce que l’on nomme
les nodi vinciani, les « nœuds vincien », un élément d’un
extraordinaire intérêt pour les spécialistes du génie toscan. En balayant cette
peinture tout un chacun peut juger qu’une main virtuose s’est attardée sur le
visage du saint Jean, sur le drapé de l’habit de la Vierge. Nombre d’études,
d’esquisses et d’œuvres dûment attribuées au maître seront convoquées pour
établir s’il s’agit d’un travail effectué par celui auquel nous pensons, ou
bien s’il faut chercher parmi ses élèves les plus doués, Giampetrino ou
Boltraffio etc… les léonardesques. De toute façon la réalisation trahit
plusieurs mains et une autographie partielle ne pourrait nous satisfaire
ni rendre hommage à la mémoire de ses créateurs !
L’objectif de l’appareil photo, une camera obscura moderne, révèle un
sourire « nouveau » de la Madone. Il est Verrocchiesque et par
extension oh combien Vincien !
Les sources littéraires sont moins disertes. Evidemment on sait d’après
les carnets de Léonard qu’en 1478 il avait réalisé deux Vierges à l’Enfant dont
nous n’avons perdu les traces, mais notre Madone est plus récente. Evidemment
nous sommes toujours à la recherche de la Madone réalisée pour Florimond
Robertet, le grand commis de Louis XII et François 1er, mais notre
Madone ne correspond pas à la description qu’en fait un agent d’Isabelle
d’Este. Alors il faut que les spécialistes se replongent dans les notes des uns
et des autres, dans les testaments, celui de Salaï par exemple, pour
tenter de retracer un parcours certainement chaotique entre la Lombardie ou la
Toscane et les Cévennes. Il y a matière n’en doutons pas. L’aventure commencée
il ya sept ans est loin d’être terminée à condition qu’un mécène des temps
modernes sache tendre l’oreille et écouter avec nous ce que ce tableau à a nous
dire, lui sur qui Léonard a posé les yeux.
Le 5/12/2006
by MAF
Wikipedia ne
tourne pas rond : J’ouvre une parenthèse sur
l’accueil fait par les maraudeurs et autres censeurs de l’encyclopédie dite
libre aux quelques lignes ci-dessus. Celles-ci vont être supprimées pour la
raison suivante : « l’auteur » de l’article n’en n’est pas
l’auteur, il s’agit d’un copier/coller d’un bouquin, dont on ne cite évidemment
pas le nom (et pour cause). Je suis scié (en référence à une vieille blague).
Je pensais que l’Index était révolu ! Que nenni mon bon monsieur, la bête
sommeille seulement, et donne de temps en temps un coup de griffe.
Je comprends mieux aujourd’hui le scepticisme que rencontre cette
œuvre : Léonard n’est magique que quand il ne remet pas en cause la
doxa !
Le 6/12/2006
by MAF