Brèves Vinci 2005/2006

 

Les Expos

Milan : Codex Trivulziano jusqu’au 21/05 Castello Sforzeco

 

 Brèves Vinci 2004

 

 

 

 

La Joconde : L’exposition florentine qui se tient actuellement aux Offices, est une formidable tribune pour la technique de la Joconde. Jack Franck peintre et historien y expose un travail qualifié d’expérimental et intéressant par Jean-Pierre Mohen qui avec son équipe du C2RMF, le laboratoire scientifique du Louvre,  publiera en juin un ouvrage sur le même sujet. En attendant voyons la méthode envisagée par le premier nommé : "Sur une base de départ appelée « imprimatura » d’un jaune léger, Léonard s'occupe d’abord  de créer des contrastes, en utilisant une matière très diluée de tons rougeâtres. Ensuite il reprend très finement toutes les ombres par un système de travail de hachures. La  phase suivante consiste à poser de nouveau une couche d’ « imprimatura » pour former un voile de façon à abolir la forme en la masquant.  Cette méthode est répétée par la pose de touches de plus en plus fines et très diluées, recouverte systématiquement de ce voile, le tout n'excédant pas à 1-2 mm d’épaisseur. Ainsi une trentaine de couches constitueraient  le visage de la Joconde. Pour parvenir à un tel rendu Frank estime que le peintre ne pouvait travailler qu’avec une loupe pour obtenir des touches au 1/30e ou au 1/40e de mm et ce pendant des années. Pour illustrer sa thèse l’artiste contemporain a consacré 3.000 heures à une tête de la sainte Anne.
La suite cet été.

 

Roman : Bestseller en Espagne « La Cène secrète » de Javier Sierra est traduit en anglais. Visiblement  ce roman n’a séduit que peut de français, il va être intéressant de voir comment le marketing US, facteur déterminant du succès de Dan Brown,  va s’y prendre pour vendre cette nouvelle « salade ».

 

Paris : Fin avril notre association Leonardo Ideale France verra le jour. Sa première tâche : promouvoir le manifeste Salviamo Léonardo.  

 

Chicago : du 14 avril au 4 septembre le musée de Sciences présente 60 maquettes illustrant le génie polytechnique de notre sujet préféré.

 

Florence bis : Que cache l’Adoration des Mages ?  Maurizio Seracini  qui étudie l’œuvre avec les « yeux » de la science, peut y discerner  70 figures inspirées par l’AT. En évoquant ce dernier un détour par les éditions Bayard qui nous propose une réédition de la Bible de Sébastien Castellion produite en 1555. 179€ c’est cher mais si l’on doit en posséder une ….

 

 

 

Florence : C’est reparti. Les autorités autorisent une nouvelle vague d’inspection pour retrouver les traces de la Bataille d’Anghiari sur les murs du Palazzo Vecchio. Pedretti est confiant, le monsieur Léonard explique que Vasari chargé plusieurs fois d’effectuer des fresques pour remplacer celles déjà existantes en divers lieux, prenait soin de ne pas détruire les premières. Pourquoi aurait-t-il agit autrement dans la Salle de Cinq Cents ?

 

Athènes : Le 15 mars Alessandro Vezzosi, l’auteur de notre manifeste Salviamo Leonardo,  nous propose sa vision de Léonard de Vinci. Dès que j’en sais plus je vous informe.

 

Florence : Pendant 9 mois la cité sur les bords de l’Arno présente aux Offices une exposition aux objectifs ambitieux : Expliquer au public la démarche intellectuelle et scientifique de Léonard dans son contexte historique. A suivre

 

USA : Des chercheurs de l’University of Illinois, planchent encore et encore sur les turbulences de l’eau pour tenter de comprendre les orages et la pluie, entre autres. Leurs travaux s’inspirent de modèles mis au point par des chercheurs précédents : Nikuradse il y a 75 ans (environ) et……Léonard il y a un peu plus longtemps.

 

Lens : La cité du nord accueillera-t-elle la Sainte Anne pour son nouveau musée ?  Pourquoi pas.

Milan : Une occasion à ne pas manquer : la présentation du Codex Trivulce au château des Sforza à partir du 24 mars jusqu’au 21 mai.  Notes dessins et vocabulaire, une invitation dans l’intimité intellectuelle du maître.

 Madone de Laroque : Avant de connaître le résultat final sur l’authentification du ou des auteurs de la Madone dite de Laroque (lieu de sa découverte), les détenteurs du tableau m’ont gentiment fait parvenir quelques documents pour nous permettre d’y voir plus clair et de rêver. Chronologie des faits :

-          1998 : Découverte dans un dépôt vente des Cévennes d’un tableau « ancien » de 48x59 cm par 3 fouineurs et acquisition pour 1 500 Frs. Présomption d’une œuvre « léonardesque », voire autographe.

-          1999 : Analyse des pigments par le CNRS de Clermont-Ferrand, datation positive (Quattrocento)

-          Mai  2003 : Daniel Arasse historien d'art et auteur d’un ouvrage de référence sur Léonard date la peinture de 1490/1495, il  l’attribue à l’atelier de Leonard [qui séjourne à Milan à l’époque].

-          Août  2003 : Carlo Pedretti, [le monsieur Léonard de notre ère, notre maître à tousJ] confirme l’attribution.

-          Août 2003 : Analyse  des pigments à Paris par l'expert Gilles Perrault, pour une datation positive.

-          Septembre 2003 : Carlo Pédretti demande de refaire les analyses des pigments ainsi qu'une étude photographique aux rayons X, Infrarouge,ultra violet etc.

-          Etude faite par Maurizio Séracini  à Florence [voir photo ci dessous], mention d’une présence de jaune de Naples qui pourrait remettre en cause la datation (merde, ont du penser les découvreurs)

-          Novembre 2005 : Contre expertise par le CNRS de Clermont Ferrand,  le jaune de Naples s’avère être du jaune d’œuf, ouf !

-          USA janvier 2006 : Le dossier est de nouveau entre les mains de Carlo Pédretti, qui l’hiver préfère le soleil de Los Angelès, il y donne des cours,  à celui de toscane.

-          Maintenant on attend….impatiemment.

 

Détail Madone de Laroque

Suavité Léonardienne ? Cliché infrarouge 

Etude pour la Léda
(œuvre disparue)

 

 

 

2006 : Année Mozart. Consacrer un guide à l’autrichien est une idée qui me titille de plus en plus. Pour l’instant je me borne  à relever les points communs entre les deux hommes, au fur et à mesure de  nouvelles connaissances acquises sur l’auteur du Don Juan. Premier trait commun, conscients l’un et l’autre de leur talent ils n’acceptent que de force leur statut. Léonard y consacre un opuscule, le Paragone et Mozart s’en ouvre dans sa correspondance (Ils écrivent beaucoup tous les deux). Deux  cents ans les séparent mais rien à changer, « pour l’instant ».

 

Patras : Capitale culturelle 2006, la ville grecque consacre du 10/01 au 24/02 une expo à Léonard, regroupant 150 esquisses et modèles. Du déjà vu peut être, mais jamais chez les hellènes.

 

Google Zeitgeist : Au top ten des « requêtes » qui montent Léonard. Effet Dan Brown sûrement. Dur, dur  de ne pas être jaloux ;-)

Google.com - Top Gainers of 2005 : 1. Myspace 2. Ares 3. Baidu 4. wikipedia 5. orkut 6. iTunes 7. Sky News 8. World of Warcraft 9. Green Day

10. Leonardo da Vinci

 

Go West : New York est en grève, peu importe, c’est à Los Angeles qu’il faut être. Vous pourrez y  voir des études de Léonard (2),  du Titien, du Parmesan du Corrège et d’autres encore dans un cadre moderne, certes, mais sympa, super, formidable (vive l’emphase pour une fois). Jusqu’au 26 février au JP. Getty Museum.

 

La Joconde : C’est officiel, car publié par The New Scientist, notre Gioconda   est à 83 % heureuse [d’apprendre qu’elle sera célèbre], 9 % dégoûtée [de son mari plus âgé qu’elle], 6% effrayée [de voir autant de jolis garçons autour d’elle dans la bottega du maître] et 2% en colère [de savoir que personne ne la touchera]. L’algorithme développé par Nicu Sebe à Amsterdam avec des chercheurs de l’Université d’Illinois n’est qu’une approche quantitative d’une « mesure des émotions ». Notre approche qualitative est bien plus rigoureuse J Quant à Léonard sûr qu’il est plié lui qui écrivait « Je ne m'étendrai pas sur la physiognomonie fallacieuse et sur la chiromancie, car elles ne contiennent pas de vérité, et cela peut être prouvé, car ces chimères n'ont pas de bases scientifiquesSalviamo Leonardo mais avec humour SVP!

 

Vinci : Ouvert sans interruption depuis 1993, le Museo Ideale Leonardo Da Vinci ferme pour travaux durant 3 mois. En cause les infiltrations.

 

Des racines et des ailes : 30 minutes sur Léonard avec du bon et du mauvais. Le bon est sans conteste les interviews  de Carlo Pedretti et Pietro C Marani. Le mauvais est cette habitude qui perdure d’une idéalisation de Léonard. Pourquoi continuer de relayer, voir amplifier les poncifs de  sa biographie « Vasarienne » ? Cette attitude nous mène à des contrevérités. Non l’artiste n’est pas mort dans les bras de François 1er, non il n’est pas beau, non il n’est pas l’inventeur que l’on croit, non il n’est pas l’égal du roi, ni des tyrans qu’il sert etc… En fait cette  image dessert, l’artiste, l’anatomiste, l’ingénieur et l’homme de génie. Alessandro Vezzosi a raison, mille fois raison, Salviamo Leonardo !

 

Portrait de femme : Je n’aime pas le travail de Josée Dayan et son approche pour une nouvelle version des Rois Maudits me consterne.  Sa costumière Mimi Lempicka nous explique que la réalisatrice souhaitait abandonner « Le cliché d’un Moyen-âge, sale, triste, et grossier et aller vers la première Renaissance italienne, la démesure, le raffinement et la sauvagerie ». Bel exemple de lectures clichées auxquelles il ne manque rien, pas même une dose Léonardesque. Clémence de Hongrie sera donc portraiturer et coiffer à la manière Vincienne.
Salviamo Leonardo !

 

Dame à l’Hermine

Etude pour Léda

 

 

    

 

Florence : LA VERA IMMAGINE, la vraie Image, une exposition pour nous changer des inepties du Code, organisée par les  ARCHIVIO DI STATO DI FIRENZE avec des documents difficilement visibles en d’autres temps. Jusqu’au 28 janvier.

 

UK : Pour les célébrations de son 80ème anniversaire, au printemps prochain, la reine « offre à voire »  à ses sujets une exposition itinérante sur Léonard. 10 dessins, sur les 600 qu’elle possède, ont été choisis. Canons et mortiers, études de mains, buste d’une madone, pictogrammes et esquisses d’architecture, d’hydrologie, de botanique, d’anatomie et de sculpture équine forment avec une interprétation du déluge une sélection représentative, quoique chiche, de la curiosité, insatiable, du florentin.    

 

Ancône : Première image de cette Marie-Madeleine dénudée par le Vinci, peut être.

 

 

 

 

Paris : Parmi les enfants de Saturne atteints de mélancolie, c’est le thème de l’expo qui se teint au Grand Palais du 13/10 au 16/01/06, Donato Bramante. Un grand. Ses portraits de Démocrite et Héraclite sont visibles sur les bords de la Seine. C’est une excellente, excitante, occasion, de voir les traits de Léonard, les vrais.

 

 

 

Australie : Une esquisse à la craie rouge de 22 cm par 12, inconnue à ce jour,  pourrait bien être de la main du maître. Elle représente un vieil homme et se trouve actuellement entre les mains des experts de la Tate Gallery de Londres. Ses propriétaires habitent Perth et peuvent déjà rêver d’une coquette somme s’ils souhaitent s’en séparer. La dernière vente d’un dessin de l’auteur de la Joconde avait atteint 23 M$.

 

Ancône bis : Carlo Pedretti, le monsieur Léonard, « attributionniste » établie en Californie,  propose de rendre au Vinci une Marie Madeleine donnée pour être de la main de Giampetrino, un de ses derniers élèves. La toile de 58 cm par 45 est datée de 1515 et appartient à un privé….suisse. Décidément !

 

Ancône : S’il s’avère qu’elle est de la main de Léonard, cette troisième version de la Vierge aux Rochers, est non seulement le clou de l’exposition qui commence le 14 octobre sur les bords de l’adriatique, pour se terminer le 15/01, mais aussi l’une des rares pièces appartenant encore à un privé. Il existe un suisse bien chanceux ;-)

 

 

 

 

Toronto : Pour les italiens, Léonard est l’inventeur de la bicyclette, pour les canadiens, invités à se rendre à l’exposition itinérante « LDV Un curieux génie », inaugurée à Rome au printemps,  la chose est moins sûre. C’est du moins la réaction de la presse spécialisée, qui ouvre ses colonnes au débat qui date des années 50 du siècle dernier. Bonne initiative, car c’est un français qui en est l’inventeur. Non ? Un allemand

Ah bon ! Karl von Drais inventeur de la draisienne. D’accord mais il s’agit d’un vélocipède sans pédale. Donc la bicyclette est une invention … qui fait mal aux jambes surtout dans les cols des Hautes-Alpes ;-))

 

 

Milan : Le musée des sciences, fait fort, très fort. Un sous-marin sera dès le mois d’octobre présenté au public. 340 tonnes, 46 mètres et 1 million d’€ pour illustrer une idée léonardienne d’un engin à percer les carènes.

 

 

 

Londres : A l’instar de la version du Louvre, la seconde version de la Vierge aux Rochers pose problème. Primo son autographie. Depuis de nombreuses années les spécialistes sont divisés à son égard. Secundo son interprétation (voire notre guide pour de plus amples informations). Si la découverte de deux esquisses sous la peinture définitive  soulève quelques espoirs à propos du premier sujet, il n’en n’est pas de même pour le second. Issu des technologies militaires, le scanner utilisé par le laboratoire de la National Gallery a mis à jour le dessin préparatoire et une étude pour une Adoration du Christ Enfant. Ce thème en vogue à la Renaissance, figure seulement dans le cas présent une Vierge agenouillée devant un Enfant que l’artiste ne réalisera jamais.  L’élément le plus important de cette découverte est peut être,  le rapprochement  que tentent d’établir les spécialistes du musée, entre le modèle du visage de la Vierge et celui du Saint Philippe de la Cène. Nous aurions alors une présomption plus forte quant à l’auteur du tableau.

 

 

 

24 juin jour de la Saint Jean ; Le patron de Florence inspire Léonard. Deux œuvres sont exposées au Louvre. L’une d’entre elles dû subir la pudibonderie des dévots de madame de Maintenon. Ils tentèrent de transformer le Précurseur en dieu païen, lui ajoutant  une peau  de panthère et une couronne de pampre, changeant  le roseau en thyrse. Léonard censuré en somme.

 

 

 

Hollywood : Dans son autobiographie, Batman et Moi, Bob Kane confie avoir été influencé par les dessins d’ailes de chauve-souris de Léonard De Vinci. C’était en 1938, on était loin des 135 M$ nécessaires aujourd’hui, pour  doter son héros d’un élément indispensable dans sa lutte contre le crime.

 

 

 

Florence : La Bataille d’Anghiari c’est l’Arlésienne. Invisible depuis 500 ans la fresque du Palazzo Vecchio, est  l’objet chaque année  de fols espoirs pour une éventuelle « apparition ». Masquée sur ordre des Médicis par Vasari, celui-ci aurait préservé le travail de son illustre prédécesseur. Un espace existerait entre les deux peintures murales, malheureusement rien ne laisse augurer de l’état de conservation de l’œuvre du Vinci, « un groupe de chevaux et d’hommes (une représentation de bataille par Léonard de Vinci) qui vous semblera chose merveilleuse ».    

 

 

 

Ottawa : Après Madrid et Durër, Ottawa, Raphaël et Michel-Ange risquent de souffrir d’un conflit qui perdure entre l’état Autrichien et le directeur de l’Albertina. Deux ou trois dessins seront de ce fait certainement absents des cimaises de la National Gallery. Pour Léonard deux études seront présentées, c’est peu et le titre de l’exposition devient par ce nombre trompeur. La plus intéressante est une « Léda » dite  « agenouillée ». Ce nu préfigure une composition finale à jamais perdue, connue par des copies  conservées à  Rome et Florence.  

 

 

 

Grande Bretagne : Les études d’opinions sont magiques, et ce surtout quand les items sortent de l’ordinaire. Que dire alors de l’initiative de la National Gallery de Londres qui lance pour la seconde fois une étude sur les goûts et les valeurs de nos voisins d’outre Manche en posant une question simple : Quelle œuvre préférez-vous ? Il y a six ans le même questionnement avait mis en avant un paysage de  John Constable (The Cornfield) , une peinture historique de Benjamin West « La mort de Nelson » et le Ditchley Portrait d’ Elizabeth I peint en 1592 par   Marcus Gheeraerts le Jeune. Et si l’on faisait la même chose en France ? La Joconde serait-elle considérée par nos compatriotes comme illustrant nos valeurs ? De Gaulle le pensait quand en 1963 il en fit l’ambassadrice extraordinaire de notre pays en URSS, au Japon et aux USA. Sûr que les italiens n’avaient pas apprécié.

 

 

Salle Etats : France pays des Lumières ? Faut voire, car pour la Joconde le service de com de la société Fraen aux USA ne manque pas une occasion de faire savoir que le savoir faire de son service R&D de Milan lui a permis d’être choisie pour le nouvel éclairage de la diva.  

 

Vinci : Les causes de l’inachèvement de certaines œuvres du Vinci, le « Cheval », l’Adoration des Mages etc…, ont toujours intriguées les spécialistes du bonhomme. L’un d’entre eux, conservateur d’un musée dédié au maître dans sa ville natale, pense détenir une explication. Dans les dernières années de sa vie l’auteur de Mona Lisa est , d’après le témoignage de De Béatis, l’un des derniers chroniqueur à avoir approché le maître de son vivant, paralysé du bras droit. Gaucher, il peut toujours tenir un pastel, un calame voire un pinceau mais ce handicap n’était-il pas rédhibitoire pour peindre ? Les spécialistes en débattront, toutefois l’élément nouveau de cette communication est l’exhumation d’un tableau datant du 16ème siècle. Qui l’a peint ? Mystère, mais le sujet ressemble à s’y méprendre à certains portraits de Léonard.  Bras droit en écharpe, une certaine crispation dans l’attitude,  nous voilà peut être devant l’illustration de notre source textuelle citée plus haut. Il reste qu’Alessandro Vezzosi, notre conservateur, fait beaucoup de bruit depuis le début de l’année, Dan Brown l’a un peu secoué sans doute.

 

Léonardesque : Cesare da Sesto (1477-1523) est un proche du Vinci. Parmi les 30 œuvres qui lui sont attribuées,  cette  Madone à l’Enfant avec St Jean Baptiste et St Georges appartenant au musée des Beaux Arts de San Francisco vient d’être restaurée. Dianne Modestini s’est attelée à la tâche durant 3 ans,  dans le sillage de son époux qui avait entrepris le même travail après la seconde guerre mondiale. Seulement les techniques  utilisées à l’époque se sont montrées moins performantes que celles datant du quattrocento. Souhaitons que …. Vous voyez où je veux en venir ;-)

 

 

 

Vinci :  1452. Le samedi 15 avril à trois heures de la nuit* est né mon petit fils, fils de mon fils ser Piero.
Il a reçu le nom de Léonard.

* : 22 heures 30

 

 

England : A chacun son « Léonard » ? Konrad Kyeser, connu pour son manuscrit des techniques civiles et militaires de la Renaissance est, souvent, trop souvent à mon goût, baptisé de Vinci bavarois. Héritier, à l’instar de l’ingénieur de César Borgia,  du fond technique des ingénieurs grecs et romains, il ne peut rivaliser avec le florentin sur le terrain de la science « moderne », mais il possède d’autres qualités. Dans une biographie qui vient de paraître,  Allan Chapman, ou son éditeur, crédite  Robert Hooke,  un scientifique anglais du 17ème siècle, du titre de « Léonardo Anglais ». Pour justifier cette « distinction », une même méthode,  l’expérimentation, un même outil, le dessin. Quid de Bacon, Francis Bacon (1561-1626) ? Il est navrant de devoir systématiquement faire référence à …
Léonard est unique, il n’a ni clone ni disciple.
Kyeser est  lui-même, il a sa place dans l’histoire des ingénieurs au même titre sûrement que Hooke dans celle des scientifiques. Il est temps que les éditeurs et leur équipe de marketing se creusent un peu la tête et cessent de céder à une telle facilité.
Cela dit si les
Guides MAF deviennent les Baedeker du 21ème siècle, pas sûr que je refuse cette  honorable comparaison J

 

Louvre : « Mona Lisa en salle Etats » ?  Inutile de relancer une polémique sur une éventuelle restauration de la Joconde. Dans son nouvel écrin (photo de gauche) elle s’installe,  pour faire la joie des nippons qui en sont les principaux bailleurs. Pour mémoire, une petite photo  retouchée (à droite) qui énerva les conservateurs parisiens ;-), il y a quelques années et enflamma la presse française.

 

 

 

 

 

 

 

 

Chantilly : Ils sont beaux, fragiles et les précieux témoins des chemins empruntés par un artiste. Une exposition de dessins des maîtres de la Renaissance est donc un évènement à ne pas manquer. Il se trouve que Chantilly en propose quelques uns  jusqu’à la mi-juin. Mais en l’occurrence celui qui nous intéresse est une gouache à rehauts et pierre noire,  copie d’une œuvre du Vinci aujourd’hui disparue : Monna Vanna. L’œuvre originelle réalisée à Rome entre 1513 et 1515, est une composition fort simple d’un nu féminin, une maîtresse de Julien de Médicis certainement, le dernier protecteur italien du peintre. Elle inspira Raphaël pour son fameux portrait de La Fornarina  (voir Klog Renaissance 2004) et un artiste anonyme, qui faute de mieux se voit affubler d’un patronyme bizarre « d’après Léonard » ;-). Cette Joconde nue, c’est ainsi que la baptisa le duc d’Aumale, est une œuvre assez troublante, à l’instar des derniers Saint Jean, échos lointains d’une androgynie fort prisée à la cour pontificale.

 

   

 

Locarno : Sur les traces de Léonard ? La ville suisse possède un château à l’histoire mouvementée. Au cours du 15ème siècle cet ouvrage du haut Moyen-Âge voit les Visconti, maîtres des lieux, renforcer ses fortifications. Quand Louis XII règne pour un temps sur le  Milanais,  Charles d’Amboise son « administrateur » et mécène de Léonard continue l’entreprise. Date de cette époque,  un bastion, témoin de l’architecture militaire Renaissante. Pour Marino Vigano il peut s’agir d’un ouvrage Vincien. Si l’hypothèse est avérée nous serions en présence de l’un des rares ouvrages, avec Piombino et Chambord,  où l’emprunte du florentin serait manifeste. 

 

 

 

 

Budapest : Des maquettes, encore des maquettes, toujours des maquettes. Mais attention celles-ci sont labellisées par Carlo Pedretti le monsieur Léonard du 20ème siècle. Un fois l’expo du Wenckheim Palace visitée, allez au Szepmüézeti Museum pour admirer une des rares traces des études équines de Léonard. Il s’agit d’un petit bronze représentant un cavalier sur un cheval cabré.

 

Censure ? A la demande des évêques de France une grande  affiche, nouvelle interprétation de la Cène de Léonard, sera retirée des murs de Neuilly. Je suis ravi qu’ils obtiennent gain de cause auprès du tribunal, car sans censure….. ni scandale, ni buzzz. La suite ?  Les créateurs M et F Girbaud, un peu moribonds ces derniers temps vont revenir au devant de la scène. Et l’on reparlera de l’effet Dan Brown,  mâtiné Benetton. Y a pas Léonard c’est magique. 

 

 

Vienne : Léonard au Vienna Art Center jusqu’au 29 mai. Des maquettes encore des maquettes et toujours des maquettes. Je n’ai pas vu l’expo, mais je pense l’avoir déjà écrit,  la muséologie Vinciéne est navrante. Derrière les maquettes, abordables, trop facilement abordables, il existe une méthode, une théorie, trop souvent passée sous silence car plus difficile. L’effort est nécessaire pour approcher le maître, d’ailleurs lui même nous y invite,  dans notre home page.

 

 

Stockholm : National Museum, Le Corps Art et Sciences, jusqu’au 22 mai. Des dessins de Léonard, anatomiste,  appartenant a  sa majesté la reine d’Angleterre. Juste pour mémoire,  elle en possède 600.

 

Le Corps au 19ème

Léonard

 

 

Gauguin versus LDV : Et le gagnant est….. ? Paul avec 543 866 visiteurs pour l’expos du Grand Palais en 2004, tandis que Léonard avait déplacé au Louvre 522 000 personnes en 2003.

 

Ottawa : Pour le 125ème anniversaire de la National Gallery of Canada, une centaine d’œuvres de la première moitié du 16ème siècle. Invités d’honneur, ou faire valoir,  Léonard et Michel-Ange ? A suivre à partir du 29 mai jusqu’au 5 septembre.

 

Serravalle : Une chambre d’hôte dans un relais de poste restauré au cœur de la Toscane, où Léonard pourrait s’être arrêté un jour, une nuit, une heure, jamais, cela vous dit ? Si oui info@agriturismoipitti.it De toutes façons vous n’avez rien à perdre c’est un lieu idéal pour suivre ses traces pendant les premières années de sa vie, a condition d’être muni(e) de notre guide ….. évidemment.  

 

E-Bay : Le second dessin a disparu du site. C’est pas sérieux, c’est le moins que l’on puisse écrire. Souhaitons que le dernier enchérisseur n’ait pas à payer un faux.

 

E-Bay : Suite et fin, peut être ? 8605 € adjugé vendu, mais 5 heures avant le terme de cette vente, le même dessin avec les mêmes caractéristiques est proposé ; provenance Chine. Arnaque ? Pour vous faire une idée,  comparez les deux signatures, celle de l’Homme Vitruvien  dans notre rubrique sur le Da Vinci Code et celle ci-dessous.

 

 

 

E-Bay : Il reste 21 heures avant la clôture de cette vente qui échauffe un peu les esprits, en 24 heures l’enchère a doublée. Un gagnant déjà, le site.

 

Rome : Coup de tonnerre, une œuvre de Fra Bartolomeo à la Galerie Borghese  pourrait être de Léonard. Plusieurs indices dont une emprunte digitale remettent en cause  la précédente attribution. Pour en être certain l’œuvre sera envoyée pour analyse en Pologne, pour une comparaison avec les empruntes de la Dame à l’Hermine.

 

 

 

E-Bay : Vu sur le site de ventes aux enchères, un dessin signé Léonard De Vinci. Mise à prix initiale 1€, en ce jour de Saint Valentin, nous en sommes à 1810 €. Le vendeur ne sait pas s’il s’agit un dessin autographe, il prend moult précautions, mais Léonard est magique et les enchères font le reste. Le futur acquéreur doit  rêver à l’instar des fouineurs de la « Madone de Laroque » de faire une excellente acquisition, peu probable .

 

 

 

Milan : Pour sa dernière campagne de pub les créateurs Marithé et François Girbaud nous offre une nouvelle lecture de la Cène. Evidemment, malheureusement , Dan Brown est passé par là ! Un commentaire sur Judas peut être ?

 

 

 

Paris : Lors d’un colloque à Rome un éminent spécialiste nous révèle : 1) que la Joconde du Louvre n’est pas Mona Lisa, 2 ) qu’il existe d’autres versions du même sujet. Tout cela n’est pas nouveau. Dans notre guide sur Paris, il suffit de se reporter au témoignage de De Béatis pour comprendre que la doxa se leurre. Existe-t-il une autre version du même sujet ? Pourquoi pas ; même si cela ne fait pas l’affaire du Louvre. Au début du 20ème siècle des spécialistes traquaient déjà les documents pouvant créditer cette thèse et tenaient pour avérer que la version appartenant à monsieur Charpentier était autographe. Cette dernière est-elle aujourd’hui dans un coffre en suisse ? Affaire à suivre …

 

Florence : Une découverte confirme l’emplacement de l’atelier où Léonard commença la « Joconde ». Les premiers indices étaient fournis par Vasari dans ses Vite, ceux-ci sont confirmés par la mise à jour de fresques « léonardiennes » dans des bâtiments abritant aujourd’hui l’Institut Géographique Militaire.

 

Florence : Il faut faire vite, jusqu’au 20 Janvier l’exposition présentée à Athènes lors des Jeux Olympiques « Léonard le jeu et le sport » est reprise au Palais Panciatichi. 

 

Rome : Super Show pour Léonard à Rome. L’Academia de Lincei propose des maquettes réalisées à partir des esquisses du Codex Atlanticus. C’est pas nouveau, Milan, Amboise et Vinci nous le proposent déjà. Le petit plus, est apporté par les « répliques » modernes des modèles du maître..

 

La Joconde : En cette nouvelle année, il n’y a pas grand risque à parier qu’elle sera un sujet d’actualité omniprésent au cours de 2005. En premier lieu on attend la réouverture de la salle des Etats au Louvre où elle retrouvera sa « place ». En second lieu les spécialistes aiment à se faire un peu de pub sur son dos et çà commence fort.

A Washington, Marion Mecklenburg, avec la Smithsonian,  pense que le mode de préservation du panneau, support du portrait le plus célèbre du monde, n’est pas bon. J’imagine que cette assertion ne va pas participer à un réchauffement de nos relation avec les US. Le Vinci aurait dû faire gaffe, car dans son Traité de la peinture il ne préconise pas ce peuplier qu’il emploie pour cette représentation d’une femme qui n’existe peut être pas ! Quoi qu’ai-je écris ? Horreur ! Que la Joconde ne soit pas la Joconde j’en conviens, il suffit de lire le journal de De Béatis/ D’Aragon  pour ne plus adhérer à l’opinion commune, mais que l’on se pose la question de son existence voilà qui m’interpelle. J’aurai pu y penser moi aussi ! Giuseppe Pallanti, cherche depuis 25 ans une réponse. Il nous la livre : Oui elle a bien existée, oui Léonard la connaissait, mais c’est tout, c’est déjà beaucoup, merci monsieur.

 

Le Vinci : Autant l’écrire, les maquettes construites d’après les esquisses de Léonard m’énervent, un peu, voire beaucoup et quand Marc Rosheim un ingénieur US s’ingénie à voir le maître florentin en précurseur de la « robotique programmée », je ne suis pas sûr qu’il rende service au génie de l’auteur du Traité du vol (des oiseaux ;-) Je m’explique : Quant à Amboise, Milan, ou Vinci nous sommes devant la maquette d’une « machine volante », nous oublions l’essentiel : les études faites par Léonard sur le vol des oiseaux et par extension sur le vol libre. Les robots de M Rosheim, un passionné du Vinci,  masqueront, peut être,  à la majorité d’entre nous, la mécanique et l’horlogerie de ce dernier ;  à suivre dans l’ouvrage qu’il publiera cette année. Il est possible, que jaloux, je me rende coupable d’un procès d’intention à son égard. Mais sa vision du  « carro mobile », voir archive 2004, est troublante.

 

 

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